Verlaine

Il corpo del discorso: Des Esseintes e la tarda latinità (seconda parte)

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(articolo già apparso, tradotto in francese e lievemente rimaneggiato, nel “Bulletin de la Société J.-K. Huysmans n. 107″). Prima parte qui

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Come detto, la letteratura di fine Ottocento ha spesso proposto l’immagine della decadenza romana, dell’Impero agonizzante sotto i colpi delle invasioni, e collassato sul proprio degrado morale e politico (chiaro capovolgimento dell’ottimismo moderno). Nel discorso dell’esteta, però, il disfacimento di una civiltà fa tutt’uno con quello della sua lingua classica. Il parallelismo tra la letteratura latina e quella francese avviene così sotto il segno di una metafora scandalosa, quella di un corpo moribondo che proprio nei suoi rantoli dirà le cose migliori :

En effet, la décadence d’une littérature, irréparablement atteinte dans son organisme, affaiblie par l’âge des idées, épuisée par les excès de la syntaxe, sensible seulement aux curiosités qui enfièvrent les malades et cependant pressée de tout exprimer à son déclin, acharnée à vouloir réparer toutes les omissions de jouissance, à léguer les plus subtils souvenirs de douleur, à son lit de mort, s’était incarnée en Mallarmé, da la façon la plus consommée et la plus exquise. […]
C’était l’agonie de la vieille langue qui, après s’être persillée de siècle en siècle, finissait par se dissoudre, par atteindre ce deliquium de la langue latine qui expirait dans les mystérieux concepts et les énigmatiques expressions de Saint Boniface et de Saint Adhelme.
Au demeurant, la décomposition de la langue française s’était faite d’un coup. Dans la langue latine, une longue transition, un écart de quatre cents ans existait entre le verbe tacheté et superbe de Claudien et de Rutilius, et le verbe faisandé du VIIIe siècle. Dans la langue française aucun laps de temps, aucune succession d’âges n’avait eu lieu; le style tacheté et superbe des de Goncourt et le style faisandé de Verlaine et de Mallarmé se coudoyaient à Paris, vivant en même temps, à la même époque, au même siècle.
Et Des Esseintes sourit, regardant l ‘un des in-folios ouverts sur son pupitre de chapelle, pensant que le moment viendrait où un érudit préparerait pour la décadence de la langue française, un glossaire pareil à celui dans lequel le savant du Cange a noté les dernières balbuties, les derniers spasmes, les derniers éclats, de la langue latine râlant de vieillesse au fond des cloîtres.19

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