Giorno: 9 dicembre 2018

I poeti della domenica #312: Antonia Pozzi, La vita/La vie

Antonia Pozzi, Une vie irrémédiable. Poèmes, écrits. Édition établie par Matteo Mario Vecchio. Traduction de Camilla Maria Cederna, Lille, Éditions Laborintus, 2018

La vita

Alle soglie d’autunno
in un tramonto
muto

scopri l’onda del tempo
e la tua resa
segreta

come di ramo in ramo
leggero
un cadere d’uccelli
cui le ali non reggono più.

18 agosto 1935

La vie

Au seuil de l’automne
dans un coucher de soleil
muet

tu découvres la vague du temps
et ta reddition
secrète

comme de branche en branche
légère
une chute d’oiseaux qui tombent
quand leurs ailes ne les portent plus.

18 août 1935

I poeti della domenica #311: Antonia Pozzi, Canto della mia nudità/Chant de ma nudité

Antonia Pozzi, Une vie irrémédiable. Poèmes, écrits. Édition établie par Matteo Mario Vecchio. Traduction de Camilla Maria Cederna, Éditions Laborintus, Lille, 2018

Canto della mia nudità

Guardami: sono nuda. Dall’inquieto
languore della mia capigliatura
alla tensione snella del mio piede,
io sono tutta una magrezza acerba
inguainata in un color d’avorio.
Guarda: pallida è la carne mia.
Si direbbe che il sangue non mi scorra.
Rosso non ne traspare. Solo un languido
palpito azzurro sfuma in mezzo al petto.
Vedi come incavato ho il ventre. Incerta
è la curva dei fianchi, ma i ginocchi
e le caviglie e tutte le giunture,
ho scarne e salde come un puro sangue.
Oggi, m’inarco nuda, nel nitore
del bagno bianco e m’inarcherò nuda
domani sopra un letto, se qualcuno
mi prenderà. E un giorno nuda, sola,
stesa supina sotto troppa terra,
starò, quando la morte avrà chiamato.

Palermo, 20 luglio 1929

Chant de ma nudité

Regarde-moi : je sui nue. De l’inquiète
languer de ma chevelure
à la tensoion souple du pied,
je suis toute d’un maigreur acerbe
engainée dans une couleur d’ivoire.
Regarde : pâle est ma chair.
On dirait que le sang n’y coule pas.
Le rouge n’y transparaît pas. Seul un faible
battement d’azur s’estompe dans ma poitrine.
Tu vois comme j’ai le ventre creux. Incertaine
est la courbe de mes hanches, mais les genoux
et les chevilles et toutes les jointures,
je les ai maigres et fermes come un pur-sang.
Aujourd’hui, je me cambre nue, dans la clarté
du bain blanc et nue je me cambrerai
demain sur un lit, si quelqu’un
me prend. Et nue un jour, seule,
allongée sur le dos sous trop de terre,
je resterai, quand la mort aura appelé.

Palerme, 20 juillet 1929